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Nouvelle un peu paumé

Posté : ven. 21 août 2026 04:04
par Lululaconne
Hello , je suis dans une impasse si il y a quelqu’un pour parler je suis pas contre un petit coup de main.
Je traverse aujourd’hui quelque chose que je n’aurais jamais imaginé vivre après vingt-trois années avec l’homme que j’aime.

Mon mari a décidé de divorcer.

Et même s’il me dit que cette décision n’est pas prise pour une autre femme, il y a aujourd’hui une autre femme dans cette histoire. Une femme rencontrée récemment, dans un univers virtuel, avec laquelle un lien s’est créé et qui a ensuite existé dans la vraie vie.

Alors forcément, pour moi, cette réalité est douloureuse.

Parce que je ne vis pas seulement la fin annoncée de mon mariage. Je vis aussi la sensation terrible qu’une autre femme a pu entrer dans la vie de l’homme avec lequel j’ai construit la mienne pendant vingt-trois ans, au moment même où notre couple était déjà en train de se fragiliser.

Et cette douleur est encore plus profonde parce que notre histoire a déjà connu la trahison.

Deux fois auparavant, j’ai découvert des tromperies.

Deux fois, j’ai été profondément blessée.

Et deux fois, j’ai choisi de pardonner.

Je ne l’ai pas fait parce que je ne m’aimais pas assez pour partir. Je l’ai fait parce que je l’aimais suffisamment pour croire encore en nous.

Je croyais que notre amour était plus fort que nos erreurs.

Je croyais que nous pouvions traverser les tempêtes.

Je croyais à nos promesses, à notre famille, à tout ce que nous avions construit et à cette conviction que, lorsque l’on s’aime vraiment, certaines épreuves peuvent être traversées à deux.

Alors j’ai pardonné.

Et aujourd’hui, malgré ces deux blessures déjà traversées, je dois affronter la décision de mon mari de mettre fin à notre mariage et la présence d’une autre femme dans cette période si fragile de notre histoire.

C’est extrêmement violent à vivre.

Je peux entendre lorsqu’il me dit qu’il ne me quitte pas pour elle.

Je peux entendre lorsqu’il me dit que notre éloignement, nos difficultés et son besoin de retrouver un équilibre sont les raisons de sa décision.

Mais entendre cela n’efface pas ma douleur.

Parce que dans ma réalité, il y a désormais notre mariage qui se termine, et il y a une autre femme qui existe dans ce nouveau chapitre.

Et je dois vivre avec ça.

Car ce n’est pas une autre femme qui porte vingt-trois années de vie avec mon mari.

Ce n’est pas elle qui a partagé avec lui les naissances de nos enfants, les épreuves, les vacances, les projets, les fous rires, les disputes, les réussites, les chagrins et toutes ces petites choses qui ont construit notre vie.

C’est moi.

Et c’est justement cela qui rend cette rupture si difficile à accepter.

Je ne pleure pas seulement un mari.

Je pleure mon histoire.

Notre histoire.

La vie que nous avons construite lorsque nous étions encore deux jeunes amoureux qui rêvaient de leur avenir.

Je pleure cette promesse que nous nous étions faite.

Je pleure notre famille.
Nos projets.
Nos souvenirs.

Et surtout, je pleure l’avenir que je pensais encore vivre avec lui.

Je sais que je ne peux pas obliger mon mari à m’aimer.

Je sais que je ne peux pas lui imposer de revenir.

Je sais que mon amour ne suffit pas à décider à sa place.

Mais je ne peux pas non plus faire semblant de ne plus l’aimer simplement parce qu’il a décidé de partir.

Et c’est là toute ma contradiction.

Je suis profondément blessée par l’homme que j’aime.

Et pourtant, je l’aime encore.

Je lui en veux.

Et pourtant, je voudrais encore le retrouver.

Je me sens trahie.

Et pourtant, une partie de moi croit encore que nous pourrions nous relever.

Après deux tromperies pardonnées, après vingt-trois années de vie commune, je me retrouve aujourd’hui à devoir accepter qu’il puisse choisir de mettre fin à notre mariage.

Et malgré tout, je continue à croire que notre histoire mérite d’être regardée autrement que comme une succession d’erreurs et de blessures.

Je ne veux pas forcément retrouver le couple que nous étions.
Mais je veux croire en deux personnes qui auraient compris ce qui les a éloignées.

Deux personnes capables de se parler autrement.
De se respecter davantage.
De retrouver leur liberté sans se perdre.
De reconstruire leur couple plutôt que de simplement reprendre leur ancienne vie.

Je ne sais pas si cet avenir existe.
Je ne sais pas si mon mari pourra un jour ressentir cela.

Aujourd’hui, il me dit qu’il doit d’abord retrouver la paix et se protéger parce qu’il est profondément abîmé.

Mais moi aussi, je suis abîmée.
Moi aussi, j’ai besoin de retrouver la paix.

Je veux simplement pouvoir continuer à croire, aussi longtemps que mon cœur en aura besoin, qu’une histoire de vingt-trois ans ne se résume pas à la manière dont elle se termine.

Peut-être que notre couple est arrivé au bout de la manière dont nous savions l’aimer.

Mais j’aimerais croire que nous ne sommes pas forcément arrivés au bout de tout ce que nous pourrions encore devenir.

Et c’est cette petite lumière qui me permet aujourd’hui de tenir debout.
Pas la certitude qu’il reviendra.
Mais l’espoir qu’un jour, lorsque nous serons tous les deux apaisés, nous puissions regarder tout ce que nous avons vécu et nous demander sincèrement :

Est-ce que notre histoire doit vraiment se terminer ici, ou sommes-nous capables de l’écrire autrement ?

Re: Nouvelle un peu paumé

Posté : dim. 23 août 2026 15:44
par Arthus
Bonjour et malheureusement bienvenue,

Après vingt-trois ans de vie commune, vous ne perdez pas seulement votre couple : c’est tout un avenir que vous pensiez partagé qui s’effondre. Il est donc normal d’aimer encore, d’espérer, d’être en colère et profondément blessée à la fois.

Vous avez le droit de garder cette petite lumière, mais sans vous oublier ni suspendre toute votre vie à son éventuel retour. Pour l’instant, essayez surtout de vous protéger, de vous entourer et d’avancer un jour après l’autre. Vous pouvez parler ici librement : nous vous écouterons sans vous juger.

Re: Nouvelle un peu paumé

Posté : dim. 23 août 2026 20:01
par nicecimiezam
Bonsoir Madame
Votre histoire me fait de la peine, je ne sais pas ce que je peux faire pour vous sauf vous apporter du soutien et du réconfort si cela est nécessaire.
Nous sommes visiblement nombreux à être sous le choc et le désarroi et je crois que partager apporte un peu de soulagement, enfin j'espère.
Vous avez l'air d'être une belle personne, vos mots m'ont touché
Je suis disponible si vous le souhaitez, je suis nouveau ici et n'ai aucune expérience dans ce domaine mais j’essaierai de vous aider dans la mesure de mes moyens

Re: Nouvelle un peu paumé

Posté : lun. 24 août 2026 10:49
par nemesis44
Bonjour,

C'est un message plein de lucidité, ça en dit probablement très long sur vous.

Vous êtes bien venue pour échanger mais j'ai peur qu'on puisse pas vous apporter beaucoup plus que ce que vous avez déjà parfaitement compris.

Le divorce est un bouleversement, avec ou sans tierce personne d'ailleurs c'est quasi anecdotique. C'est une nouvelle vie qui démarre, vous allez devoir inventer une nouvelle 'vous' pour affronter cette nouvelle vie. A priori vous êtes armée pour ça par contre avant il va falloir digérer ce qui vous arrive et faire le deuil de votre vie passée et c'est surtout ça qui est difficile, il faut accepter d'aller mal pendant un certain temps.

Re: Nouvelle un peu paumé

Posté : dim. 30 août 2026 01:40
par Sanji
Bonsoir Lulu,

Tout d'abord le fait d'être naïf·ve ou idéaliste ne parle en rien sur notre niveau d'intelligence. Je te trouve donc très dure envers toi-même dans le choix de ton pseudo.
Edit : je viens de relire attentivement ton message. Je n'y ai trouvé aucune faute. De nos jours, c'est rare. On trouve souvent des erreurs sur l'emploi du conditionnel ou sur l'accord avec l'auxiliaire "avoir".
Donc non, je ne suis clairement pas d'accord avec le "conne".

Je vais être honnête avec toi d'entrée de jeu en ce qui me concerne : idéaliste+++ de base, j'ai développé un certain cynisme à force de me confronter à la réalité et la crasse dont de nombreuses personnes sont capables.
Je vais te répondre très franchement. Si tu te sens trop fragile, ne lis pas la suite, et pardon.
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Deux fois, j’ai été profondément blessée.

Et deux fois, j’ai choisi de pardonner.

Je ne l’ai pas fait parce que je ne m’aimais pas assez pour partir. Je l’ai fait parce que je l’aimais suffisamment pour croire encore en nous.

Je croyais que notre amour était plus fort que nos erreurs.

Je croyais que nous pouvions traverser les tempêtes.

Je croyais à nos promesses, à notre famille, à tout ce que nous avions construit et à cette conviction que, lorsque l’on s’aime vraiment, certaines épreuves peuvent être traversées à deux.
Ton amour était plus fort que ses erreurs, nuance.
Vos visions du couple étaient très différentes. Seulement il est plus facile pour nous (idéalistes) de croire en une erreur passagère de la tendre moitié que de remettre tout notre système de croyances en question.
Tu croyais en beaucoup de choses, et pendant ce temps il utilisait tes croyances contre toi pour maximiser son plaisir égoïste.
Ce n'est pas un jugement. Si tu ne me crois pas : viewtopic.php?t=4668
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Et aujourd’hui, malgré ces deux blessures déjà traversées, je dois affronter la décision de mon mari de mettre fin à notre mariage et la présence d’une autre femme dans cette période si fragile de notre histoire.
Deux blessures et une femme virtuelle puis réelle en 23 ans ? C'est possible. Je n'y crois pas, mais je ne suis sans doute pas un modèle...
Une seule chose est sure : en tant que femme, tu as la chance de savoir sans le moindre doute que tes enfants sont bien les tiens.
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 C’est extrêmement violent à vivre.
Aucun débat.
En ce qui me concerne, c'est quinze ans de vie commune, et trois enfants.
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Je peux entendre lorsqu’il me dit qu’il ne me quitte pas pour elle.
Il te quitte pour son plaisir/bonheur/bien-être personnel, elle n'est qu'un accessoire.
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Je peux entendre lorsqu’il me dit que notre éloignement, nos difficultés et son besoin de retrouver un équilibre sont les raisons de sa décision.
J'adore comme ceux ou celles qui trompent leur partenaire trouvent toujours un moyen de passer pour les victimes.
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Mais entendre cela n’efface pas ma douleur.
Non, la douleur ne s'efface pas aussi facilement. On peut chercher à rationaliser les faits autant qu'on veut, ça aide un peu mais la blessure est profonde...
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Ce n’est pas elle qui a partagé avec lui les naissances de nos enfants, les épreuves, les vacances, les projets, les fous rires, les disputes, les réussites, les chagrins et toutes ces petites choses qui ont construit notre vie.
Parenthèse : quel age ont vos enfants ? Comment vivent-ils tout ça ?
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 La vie que nous avons construite lorsque nous étions encore deux jeunes amoureux qui rêvaient de leur avenir.

Je pleure cette promesse que nous nous étions faite.

Je pleure notre famille.
Nos projets.
Nos souvenirs.

Et surtout, je pleure l’avenir que je pensais encore vivre avec lui.
Attention, vraiment, ATTENTION à ne pas confondre ta perception des choses et la réalité.
Ne le connaissant pas, je veux bien croire qu'à sa manière il t'a aimée. Juste pas autant qu'il s'aime lui-même.
Quand on aime vraiment quelqu'un, on fait passer cette personne avant nous.
Ça peut être magnifique si les deux sont sur la même longueur d'onde, et créer un déséquilibre colossal dans le cas contraire (quand une des deux personnes est un·e profiteur·se). Le deuxième cas est ce que j'ai vécu, c'est ce que tu vis, et que des millions d'autres ont vécu avant nous et continuerons à vivre dans les années à venir.
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Je suis profondément blessée par l’homme que j’aime.

Et pourtant, je l’aime encore.
Difficile de se détacher de l'image que l'on s'est faite d'une personne...

Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Je ne veux pas forcément retrouver le couple que nous étions.
Mais je veux croire en deux personnes qui auraient compris ce qui les a éloignées.

Deux personnes capables de se parler autrement.
De se respecter davantage.
De retrouver leur liberté sans se perdre.
De reconstruire leur couple plutôt que de simplement reprendre leur ancienne vie.
Tu en serais très probablement capable, mais attention à ne pas projeter ce que tu ferais sur lui. Il n'est pas comme toi.
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Aujourd’hui, il me dit qu’il doit d’abord retrouver la paix et se protéger parce qu’il est profondément abîmé.
Voir remarque précédente sur la victime.
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Mais moi aussi, je suis abîmée.
Moi aussi, j’ai besoin de retrouver la paix.
Là, ça s'entend.
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Je veux simplement pouvoir continuer à croire, aussi longtemps que mon cœur en aura besoin, qu’une histoire de vingt-trois ans ne se résume pas à la manière dont elle se termine.
C'est un deuil à faire.
Il n'y a pas d'autre choix. Ils continueront à mentir et faire passer leurs envies avant le bonheur de leur famille quoi qu'il arrive.
Il y a quelques temps, j'avais écrit que je pensais avoir raté ma vie.
Je le crois toujours.
Après la surprise, le désarroi, la souffrance, encore la souffrance, toujours la souffrance, vient le constat qu'on s'est complètement foiré·e sur le choix de la personne avec qui construire notre vie.
Sauf qu'on ne va pas abandonner les enfants et en refaire d'autres avec une autre personne.
Ce qui est fait est fait, et il faut assumer nos choix pour préserver autant que ce peut ceux qui sont innocents (nous n'avons pas choisi de tromper nos conjoint·e·s, mais nous les avons choisi·e·s ; les enfants n'ont rien choisi).
Lululaconne a écrit : ven. 21 août 2026 04:04 Est-ce que notre histoire doit vraiment se terminer ici, ou sommes-nous capables de l’écrire autrement ?
Je n'étais pas sûr de pouvoir un jour trouver plus idéaliste que moi, c'est peut-être chose faite.
Venant de moi, c'est un compliment.
C'est juste dommage que nous ne correspondions pas à ce monde.

Habituellement, je conclue en souhaitant bon courage à l'auteur·trice.
Après ce que je viens d'écrire, ça semble hypocrite.
C'est pourtant le cas. Je te le souhaite sincèrement. De te détacher de cette dépendance à cet homme, de cicatriser et de retrouver un semblant de paix et de bonheur.

Courage, encore pardon.