Le meilleur moment pour apprendre

La découverte de l’infidélité est une expérience traumatique. Il est souvent difficile d’être objectif lorsque nous traversons des situations déstabilisantes. Parlons en sans complexe.

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Saturnales001
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Message par Saturnales001 » jeu. 8 août 2019 00:16

Bonjour.

Un cocu de plus je crois.

Petite intro, il y a cinq ans (alors à 32 ans), j'étais développeur indépendant et travaillait à mon compte depuis l'appartement de ma mère.
Pas vraiment d'autre choix : elle était lourdement handicapée par une maladie orpheline et évolutive la rendant complètement dépendante (elle ne pouvait déjà plus bouger le petit doigt). Il y avait bien sûr des auxiliaires de vie, mais j'avais fini par quitter mon appartement 3 ans plus tôt en culpabilisant : elle était régulièrement volée, parfois même harcelée par ceux supposés lui servir d'aide. Qui connaît le handicap sait de quoi je parle : une personne en grande fragilité est très vite mal entourée. C'était pas une sinécure, entre les plannings jamais respectés, les abandons de postes, les sociopathes , j'avais fini par devenir moi même auxiliaire et par m'occuper à mi-temps d'elle. Elle était séparée de mon père, et mon frère était jeune, et préférait alors mener sa vie de son côté. J'étais donc devenu auxiliaire de vie le jour, développeur la nuit. Il restait peu de temps pour dormir, ou même entretenir une vie sociale. Je n'étais pas heureux, mais je n'avais pas le temps non plus d'être malheureux. J'aimais ma mère. Je courais après les retards de paiement, l'URSSAF, le RSI, j'avais fini par me blinder émotionnellement, peut être aidé par un passé en couple pas évident à surmonter (J'avais passé 6 ans avec ma première copine rencontrée quand j'avais 19 ans - elle 16, elle avait rompu, effrayée de ne jamais connaître les jeux séductions, les errances affective de ses copines. Bref, elle commençait à s'emmerder - Moi je ne m'en étais jamais vraiment remis. Je l'aimais à la folie. Elle avait bien tenté à plusieurs reprises de revenir, mais toujours sur la pointe des pieds, après m'avoir foutu tout sur le dos et conchié auprès de nos connaissances communes pour se déculpabiliser. J'étais brisé.).

Le décor est planté. Des chaises roulantes, une vie en pause, un boulot prenant et 0 vie sociale. C'est à ce moment que je rencontre Mademoiselle (on va l’appeler mademoiselle hein). Elle est auxiliaire de vie depuis peu, a passé les quelques dernières années en Allemagne et cherchait un petit job le temps de, elle est absolument canon et....elle a 9 ans de moins que moi. C'est factuellement elle qui me drague. De mon côté je suis plutôt embarrassé. Trop jeune et quoi qu'elle en pense trop immature, et de plus auxiliaire de ma mère ce qui me mettrait dans une situation de merde.Elle s'accroche deux bon mois, nous finissons par sortir ensemble. Au fond j'avais besoin de vie, et elle semblait l'incarner.

S'en suit une année compliquée. Je découvre une fille complexe, extrêmement complexée aussi (je me demandais bien de quoi), qui a beaucoup de zones d'ombres dans son passé. Toujours considérée comme instable/irresponsable par sa propre famille (fugue adolescente à l'étranger, jamais gardé un boulot de plus de 3 mois, un passé sexuel douteux* que je n'ai appris qu'au compte-goutte) . La situation "copine auxiliaire" tourne au drame : autres auxiliaires jalouses, crêpages de chignons, situation ambivalente avec ma mère. Plus j'en apprend sur le passé de mademoiselle plus je flippe. Elle, de son côté baigne dans l'ocytocine. Elle semble totalement amoureuse, heureuse, pleure si l'on ne se voit pas pendant plus de quelques heures. Je dois maintenir ma double casquette d'auxiliaire-ingénieur, et passe de plus en plus de temps avec celle qui est devenue ma copine. Il faut admettre que je tombe déjà amoureux. C'est stressant, je peine a garder le cap professionnellement aussi, mais cette relation me fait sortir de ma zone de confort. Par ailleurs ma famille, pourtant pleine de sympathie pour mademoiselle, finissent par me mettre en garde : "fait attention, c'est une grande égoïste, elle est narcissique tu vas te faire bouffer" Bien sûr je fais barrage, pensant qu'une narcissique aurait bien plus confiance en elle. J'en garde le souvenir d'une année-sprint à la fois amoureuse et totalement épuisante.

* Pour illustrer cela, une scène humiliante qui aurait du a elle seule me faire prendre conscience su danger. Un jour en regardant les photos de notre week-end sur son téléphone (avec sa permission), je trouve dans de anciennes photos des photos d'elle, nue, en position mode "porno". Je lui demande de quoi il s'agit, elle me raconte que juste avant de me rencontrer, elle travaillait comme hôtesse d'accueil, et échangeait de genre de photos avec l'un des cadres de la boite : "il me trouvait bonne, et moi j'avais besoin de prendre confiance en moi par ce jeu". Le hic c'est que cet homme allait se marier dans le mois "moi j’étais célib" dit-elle, "c'est lui qui faisait de la merde, et puis je serais jamais sorti avec lui". Plus tard j’apprends que dans cette même entreprise, elle s’était fait sauter sur une table par un autre cadre de 25 ans de plus qu'elle "je me disais qu'a son age, il avait plus d'expérience, mais il a même pas su bander". Un jour, elle m'invite a un pot réunissant ses anciens collègues, et me présente sans sourciller à l'un d'eux. A ce moment je ne sais trop si la situation semble évidente pour elle parce qu'elle était "passé a autre chose" comme le disait, ou si elle ne jouissait pas un peu de me rendre jaloux.

Enfin, au bout d'un an, la donne change : elle reprend une formation de graphiste, n'est plus auxiliaire, je retrouve un peu de temps pour gérer mes affaires. Et nous devenons davantage un couple "normal". C'est à ce moment que tout dégringole et cela durera quatre ans. Je passe beaucoup de temps avec la famille de mademoiselle que j'adore, et qui m’apprécie. J'y trouve une zone de refuge, son contexte familial étant beaucoup plus léger que le mien. Je parviens a redresser mon entreprise (un peu), Il semble que a situation des auxiliaires se stabilise : nouvelle équipe plus fiable. Mais le couple, lui, a changé. Je découvre mademoiselle terriblement avare affectivement (ne cherchant de contact physique que lorsqu'elle souhaite avoir du sexe) Je la découvre pleine de rancœurs pour des raisons occultes, elle communique difficilement mais demande une absolue franchise et disponibilité émotionnelle. Je me plais alors à penser que je peux être pour elle un bon pilier : je suis stable, engagé, responsable et amoureux. Mais elle, devient de plus en plus acerbe et ce gratuitement. Sa famille me rassure "elle est comme ça". Et du point de vue de la principale intéressée "c'est à prendre ou a laisser". Bien sûr, ça n'est pas une crise permanente, nous parvenons à voyager, à passer de bon moments, mais j'ai de plus en plus le sentiment d'avoir le pire côté d'elle quand elle réserve le meilleur aux étrangers, aux collègues, à son chat... Il y a de petites et subtiles humiliations, et je finis par avoir le sentiment que sexuellement aussi, je me transforme en vibromasseur : c'est quand elle veut, comment elle veut. Je fini par ne plus chercher qu'à lui faire obtenir un orgasme et je m'oublie totalement. Avec le recul, subrepticement, cette relation m'avait totalement castré.

De mon côté j'ai un rêve idiot : j'avais passé la trentaine, je voulais construire, avoir un enfant, fonder quelque chose. J'ai fini donc par fermer ma société, et me suis fait recruter par un grand groupe. De son côté, mademoiselle enchaine les jobs et les quitte frustrée, lassée, et se désolant de ne pas trouver sa place ou sa vocation. Je n'ai nulle vocation, moi, si ce n'est de gagner plus pour elle, pour nous, pour l'enfant à venir. Manque de bol elle souffre d'endométriose, et se plait de plus en plus à penser que d'enfant, elle ne pourra jamais en avoir. La situation sexuelle tend à s'inverser. De pas folichonne pour moi et satisfaisante pour elle, elle passe à absente pour tous les deux. Elle prend la pilule en continu (ce qui de fait constitue une ménopause artificielle) Bien sûr cela me manque, mais j'endure sans me plaindre. Je manque alors bien davantage de communication, d'échanges, d'affection. Je m'inquiète aussi que cette ménopause nécessaire soit un acte manqué qui dissimule autre chose. Elle parle pourtant sans cesse d'enfant, se béatifie devant sa nièce. Je tente a plusieurs reprises de lui parler calmement de mes doute (sur l'endométriose, sur l'absence de geste d'affection) ce qui systématiquement la met en colère : ce serait moi, qui étais une indécrottable guimauve. "Chez moi on ne se dit pas je t'aime".

Ma situation pro évolue, je passe cadre, puis cadre-sup, mon salaire double et je me met vite a voyager, et pour la première fois je sens étrangement ma virilité "réparée" (pourquoi avait elle été cassée??) Il me vient le désir de me marier mais c'est pour elle "un bout de papier inutile", l'engagement n'étant validé par ni Dieu ni gouvernement. Elle se plaint que notre vie de couple, entre mon travail et ma mère malade (qu'elle a fini par haïr parce qu'elle ne se sentait pas pleinement appréciée) n'avait plus de place. J'en viens donc à quitter le domicile de ma mère et léguer toutes les responsabilité à mon frère. Ma mère, elle bien qu'inquiète de ce couple, se désole de me voir mettre ma vie entre parenthèses depuis tant d'années.
Nous prenons un appartement ensemble. Les frais quotidiens, qui devaient originellement être partagés, finissent par être totalement pris en charge par moi (mais après tout je gagnais 3 fois plus qu'elle). Connement je suis inquiet, mais fier d'assumer, d'avoir enfin une situation enthousiasmante et d’être capable de lui offrir une vie plus confortable.

C'est a ce moment que j’apprends une chose terrible. Ma mère a entamé une procédure d'euthanasie en Belgique, ne voulant plus vivre les années d'horreur que sa maladie lui promettait. Évidemment, j'ai conscience a ce moment que mon départ y est pour quelque chose. son désir étant irrévocable, j'ai fini, à sa demande par l'accompagner. Les six mois qui ont suivi étaient abominables. J'ai tout porté sans broncher. Je passais les week-ends avec ma famille ravagée, et la semaine entre mon travail et une copine acariâtre qui me reprochait de ne pas davantage me confier quand par ailleurs elle se mettait en colère a chaque fois que "j'essayais" de me confier. Une semaine avant l'euthanasie, ma mère demande parler à Mademoiselle. Elle lui donne sa bénédiction pour notre couple, parle éducation, enfants. Lui dit que le couple est une chose difficile mais qui vaut le coup des efforts. et lui dit "ne faites pas les mêmes erreurs que moi ou vos parents, faites quelque chose de solide"

Le jour de l'euthanasie, je repars en van chez moi avec ce siège vide, les images de l'injection en tête. Je ne me souviens pas même des six heures qui ont suivi... Je n'ai qu'une idée en tête, me réfugier chez moi, voir ma copine qui malgré tout prétend m'aimer. A mon retour, je suis ravagé. Elle ne me parle pas. Le soir, elle est nue. Se montre affective, ce qui n'était pas arrivé depuis 4 mois. Nous faisons l'amour mais je ne suis évidemment pas mentalement "présent". Elle se lève. Et romp cinq minutes après. Elle prétend vouloir faire un break, elle pleure. Je suis débousollé, confus. Elle me dit qu'elle préfère cela que de faire une "connerie". Je lui dit mais 'quelle connerie ?'. Elle me répond "je sais pas, te tromper, par exemple"

Le week end en question - black out
Le mardi, nous nous appelons : elle me dit alors qu'elle romps définitivement. Qu'elle ne m'aime plus depuis un temps indéterminé (mois, années ?)
je lui demande si elle pensait a quelqu'un d'autre. Elle me répond oui, mais ca n'est pas la raison de la rupture" "je romp parce qu'a faute de m'avoir reproché de ne pas t'aimer, je me suis finalement posé la question".

Je n'ai pas de nouvelle pendant deux mois. Mois pendant lesquels je suis suivi par un psy, sous médicaments, et borderline. Des femmes s'intéressent à moi mais je suis incapable de quoi que ce soit avec elle. Elle dorment chez moi, mais je ne parviens pas à les toucher. Je suis seul. j'ai besoin de contacts vivants, mais incapable bien sur de quoi que ce soit. Mademoiselle m'envoit alors un SMS "Merci de me faire culpabiliser alors que j'apprend que tu sors avec une bombasse depuis le printemps..." Je lui répont la vérité, toute la vérité. Que je suis abattu, que je ne sors avec personne. Elle me demande alors "envisagerais tu de te remettre en couple avec moi ?" Ma gorge se noue. je ne parviens pas a lui dire non, je n’enrage, mais je ne lui dit pas fermemment "non"

J'apprend alors ensuite que cet homme, elle l'aurait prétendument rencontré le surlendemain de la rupture "il m'est tombé dessus, il attendait son tour mais ça n'est pas sérieux"
Deux jours plus tard plus aucune nouvelle. Elle est passée a autre chose. Elle n'était finalement revenue me chercher que pour me briser de peur que je lui appartienne plus. Bien sût j'étais cocu . Depuis quand ? je ne le saurais jamais. Je l'ai finalement injurié par SMS pour être revenu m'achever, ce a quoi elle m'a finalement répondu "je croyais qu'on avait eu notre dernière discussion non ?" Le ton était colérique. Comme si désormais c'est moi qui l'empêchais d’être heureuse. "je suis une personne joyeuse, j'ai besoin de légèreté. Finalement de ce couple je ne regrette que la première année" sic.

Elle n'a finalement même pas pris la peine de rompre. Je pense qu'il n'est pas possible d'avoir été plus pris pour un con que moi. J'ai aujourd'hui 37 ans. je suis seul. Je n'ai rien construit, j'ai tout donné, j'ai été lessivé pour une relation dont je peinerai à me remettre. Et finalement, il est déjà trop tard pour moi pour fonder une famille.



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Mitsou78
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Message par Mitsou78 » jeu. 8 août 2019 10:16

Bonjour à toi quand bien même nous aurions tous deux préféré ne pas nous croiser ici...

En premier lieu, à 37 ans ta vie commence et si tu relis ta propre histoire avec un peu de distance j'espère que tu en saisiras tout le sens. A 37 ans nous commençons bien souvent juste à nous ouvrir à comprendre, à nous libérer d'attentes idéalistes.
J'espère, je sais que d'autres ici viendront te dire la même chose, 37 ans est une seconde jeunesse bien loin du commencement de la fin :wink: .

Je ne vais pas tergiverser, juste te livrer ici mon ressenti de ton récit, simplement pour te dire ce qu'il me semble raconter de ta vie, ton ex, votre, j'allais dire ta relation avec elle.

En premier lieu, il faut saluer le courage, la dignité et l'altruisme de ta mère qui, à mon sens, s'est autant "libérée", qu'elle t'a "libéré" en tentant en dernier instant de convaincre celle qui partageait ta vie de t'en offrir une belle... C'est une marque d'amour inimaginable...

En second lieu, ton ex n'est autre que narcissique, égoïste et finalement perverse par manipulation.

Alors oui, il va te falloir du temps, parce que tes attachements affectifs sont nombreux, mais nobles, il n'y a donc pas à rougir, à en avoir honte, ni de cette relation qui était tronquée, truquée, dont tu ne pouvais maîtriser toutes les variables. :wink: ni de ton attachement à celle-ci.
Aujourd'hui prends du temps pour toi, fais toi aider si besoin, sûrement, recentre toi sur toi parce que visiblement, sensiblement tu sembles être une bonne personne trop, pour vivre bien soi-même, tournée vers les autres.
Prends pour toi une part de cette égoïsme, apprends à l'apprivoiser pour pouvoir appréhender et apprécier les autres prochaines relations qui te seront offertes.
Aujourd'hui le temps t'appartient pour que tu prennes soin de toi et avance dans une direction constructive partagée.

Tu es loin de ne rien avoir, avoir réalisé, entraide, amour, carrière, logement... ce n'est qu'un début :wink: :wink: .

N'hésites pas à passer ici, ici le jugement n'existe pas, l’exutoire est réparateur de soi.

Bon courage.


L'amour ne se fait bien que l'après-midi. Onze fois sur dix, l'adultère découle du fait que les époux se fréquentent seulement le soir. F. Dard
Pour une femme adultère, le premier amant seul compte, après ils ne se comptent plus. HF Amiel

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Re: Le meilleur moment pour apprendre

Message par Saturnales001 » jeu. 8 août 2019 16:59

Narcissique certainement, elle pouvait passer des heures a se regarder, commenter ses cuisses devant un miroir, ou comparer sa silhouette à celles glanées sur les comptes Instagram des pétasses #yoga-squats-naturopathie que l'on trouve à foison. Elle alternait entre crises de complexes (je suis idiote, je suis moche, je suis mauvaise...) et crises de mégalomanie (les gens sont stupides, les femmes sont laides et n'ont aucun style, je suis une meilleure personne que la plupart des filles que je rencontre)

Égoïste, oui. Elle était totalement incapable d'emphase. (un jour elle pleure parce que son chat a encore pissé dans l'entrée en se désolant d'avoir peut être à le donner. 10 minutes plus tôt je lui annonce que j'avais fixé la date de mon départ pour la Belgique et les modalités de l'"execution".) Mais l’égoïsme chez elle était élevé au rang de marque d'équilibre. Elle n'était selon elle pas égoïste, ce sont les autres qui ne savaient pas imposer leurs limites, pourquoi aurait elle du le faire à leur place?. In fine je crois que c'est peut être moi, qui suis peu dégourdi émotionnellement. Elle me reprochait souvent de ne pas savoir dire non. Mais à dire vrai elle était la seule à laquelle je ne disais jamais non. On ne dis jamais non à ceux qu'on aime pensais-je. Et s'ils nous aiment ils penseront la même chose. Avec le recul, ce genre de chose marche avec ton meilleur ami, tes parents, mais rarement dans ton couple.

Animée par une sorte de colère intérieure sombre, certainement. Je me souviens des livres sur la manipulation qu'elle accumulait dans notre chambre sans oser les lire en entier, des commentaires acerbes sur mon "sens débile des responsabilités", des insultes proférées contre les claudos, les touristes qui prenaient trop de place, des piétons trop mous. Elle rêvait de frapper, de faire de la boxe, elle pleurait souvent de rage plus que de tristesse, et ce pour la moindre contrariété. Elle avait une sorte de haine en elle que je ne comprenais pas. Que je croyais apaiser.

Mais manipulatrice, perverse, ca..... je ne l'ai découvert que le jour de la rupture, et les semaines qui ont suivi. Je l'avais accepté avec ces travers , mais j'avais confiance en elle. Je ne pensais pas qu'elle puisse se nourrir de mon malheur pour redorer son ego abimé. Qu'elle puisse choisir un tel moment, qu'elle me revoit dans les dents gratuitement des choses du genre "je te laisse comme je t'avais trouvé....seul". Qu'elle maintienne le mensonge et entretienne une image propre de ses choix même après avoir assumé de tromper et partir. ("je m'en vais parce que tu m'aimes" en somme...) Qu'elle veuille absolument que je copine avec ses collègues, auprès de qui j’apprends plus tard qu'elle m'humilie, me critique, et se fait passer pour victime. Et ces paroles : "enfin, ta mère est morte, on aurait enfin pu vivre, c'est vraiment con que ca arrive maintenant... ".

Pire que tout, lorsqu'elle revient après deux moi elle me fait une offre : "faisons un enfant" - elle sait que je rêve de fonder une famille depuis toujours. Interloqué je lui répond "mais je n'ai pas confiance, et tu confirmes entretenir déjà une relation, tu te fiches de moi ?" Elle de répondre :
"On a qu'a faire un enfant, et on est pas ensemble....toi t'as besoin de porter non ? il faut que tu t'occupes de quelqu'un. Moi je te fais un enfant si tu veux".

Je ne peux faire autrement que de rougir quand je constate la ruine de ma vie. J'y ai laissé ma mère. J'y ai presque laissé ma famille qui n'osait me parler parce qu'ils me croyaient en danger et que je refusais d'entendre. J'y ai perdu une famille par alliance à laquelle j'étais très attaché (son père, lui aussi cocu en son temps, m’envoie des messages de soutien). Il me reste ce DVD mémoriel, fait avec difficulté par ma mère avant de s'en aller....qui ne contient que des photos de mon couple (elle regrettait sans doute de ne pas pouvoir connaitre un jour ses petits enfants) Je n'ai trouvé la force de la laisser partir que dans l'espoir de reprendre le flambeau. De devenir père à mon tour. Maintenant j'ai ces ruines à contempler.

Je lis tous vos témoignages. Et vraiment, j'aimerai aussi pouvoir quelque chose pour vous. Je ne comprend que trop bien ce sentiment d'expropriation de soi, d'arrachement que l'on ressent. Ce que je refuse encore d'admettre, c'est ce renoncement que les membres du forum conseillent : avoir une vision moins idéale du couple. Je sais que cette vision est le lieu même de la souffrance, mais alors quoi ? Faut il donc admettre de n'être que le jouet sans attache profonde des affects d'un autre ? Faut il aussi se servir de lui comme d'un tremplin émotionnel et ne viser que son épanouissement personnel ? Il serait moins dangereux dans ce cas d'en rester aux escortes. Aller au putes comme faisaient les anciens...

Deux choix s'offrent a moi : devenir l'égal de celle qui m'a détruite (vampiriser pour ressentir), ou ne plus jamais aimer et, en ce sens, attendre la mort. Je ne me sens capable ni de l'un ni de l'autre. Donc je souffre.



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Sans Prétention
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Re: Le meilleur moment pour apprendre

Message par Sans Prétention » jeu. 8 août 2019 17:14

Saturnales001 a écrit :
jeu. 8 août 2019 16:59
Deux choix s'offrent a moi : devenir l'égal de celle qui m'a détruite (vampiriser pour ressentir), ou ne plus jamais aimer et, en ce sens, attendre la mort. Je ne me sens capable ni de l'un ni de l'autre. Donc je souffre.
Bonjour Saturnales

Il me semble que tu as oublié une troisième option...
Celle de la reconquête de soi et de la libération des schémas binaires.

J'ai le regret de ne pouvoir écrire plus en ce moment mais sache que ton témoignage me touche particulièrement en ce sens qu'il est vraiment... Archetypal d'un fonctionnement de couple... dysfonctionnel !
Un concentré de ce que je mets beaucoup de temps à faire comprendre à certaines personnes (toutes ne sont pas dans cette situation) dans des patterns similaires mais plus "enrobés" dans un réel aux contours incertains et quasiment normalisés.

Remercie ton bourreau de ne pas t'avoir fait d'enfant... Composer avec aurait été un cadeau de torture qui laisse son empreinte dans le temps.

Pour la petite histoire, mon frère, ton âge, vient de trouver sa perle après avoir fait une TS dans une relation toxique à sens unique (parasitaire donc). Quand je dis perle, je ne parle pas de perfection féminine. Non... Je parle de longueur d'ondes accordée entre sa définition de l'amour et sa définition à elle. Troisième option pour celui qui aussi, s'était mis à renoncer...

Tu es ici chez toi.
Bien que je te souhaite de nous quitter rapidement, le cœur plus léger.


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Message par Saturnales001 » ven. 9 août 2019 16:50

La reconquête de soi, je comprend, c'est nécessaire en effet. Âpre tâche que d'essayer d'apprendre ce qui ME fait plaisir après tant d'années ou je ne cherchais qu'a servir. Servir ma famille, puis servir une femme. Accomplir ma tâche. Gagner plus. Faire plus. Être une meilleure épaule. Anticiper ses besoins, Je n'y voyais aucun mal, j'aime comme ça, je crois. Je m'attendais à recevoir la même attention en retour si j'en avais besoin mais le simple fait croire que mes attentions connus et appréciés me donnait la patate pour ne pas en demander davantage. J'étais un homme et un homme ça ne se plaint pas. Ça bosse, ça porte avec joie, et acquiert de la fierté à mesure que ça encaisse.

C'est finalement au seul moment ou j'ai manqué de force et de courage que j'ai découvert que j'étais trompé (au sens propre et figuré), et que mêmes mes efforts n'avaient jamais été remarqués. Tout cela était normal. C'est assez caricatural de se faire planter comme une merde au retour d'un moment pareil, mais pas si rare. C'était une euthanasie. Ça aurait pu être la perte de mon emploi, une maladie grave, ou n’importe quel coup dur.

Il aurait été plus facile de me dire que dans ce couple, j'avais toujours été malheureux. Mais ça serait manquer d'intégrité. J'étais heureux. Je souffrais de manques terribles (sentiment de solitude, manque affectif, angoisses), je m'amenuisais de jour en jour mais je me pensais heureux....C'est après coup que tout te revient dans la gueule comme une fulgurance.

---

Ce que je n'avais pas vraiment remarqué avant de tomber sur ce forum c'est le poids de la généalogie : son père avait été trompé par sa mère après plus de 10 ans de vie commune idyllique, et passé des années à tenter de se hisser au delà de son origine sociale. Passer des concours, Gagner plus ! Construire une maison ! envisager la maison de vacances dans les caraïbes ! Il n'avait jamais rien fait de sa vie autrement que pour elle, mais madame, elle...s'emmerdait. Au moment du divorce elle aurais dit à son ex : "je crois que nous faisons la connerie de notre vie". Lui a répondu "....je crois aussi", et elle pour finir par "C'était une blague hein!". Le malheureux, après une bonne dépression, s'est aujourd'hui trouvé une femme plus jeune avec laquelle il est toujours malheureux (il ne fait que regretter ce qu'il avait pu construire avec la précédente) tandis que son ex épouse, elle, s'est également trouvé un homme de 16 ans de moins, fauché, immature, faible et un peu lourdaud mais qu'elle aime passion et sacrifierait tout parce qu'elle croit être trop vieille pour lui.

Ma propre mère était une mère extraordinaire. Une personne extraordinaire.....mais une épouse ignoble. Elle était autrefois mannequin, souffrait de n'avoir pas été désiré par aucun de ses deux parents. Mon Père, lui, venait d'un petit milieu et était amoureux transi. Après avoir trompé mon père sans vergogne, elle avait fini par se refaire une "respectabilité" en ayant son premier enfant. Lui, a passé le reste de son existence à se venger sans jamais vraiment pouvoir la quitter. Jamais divorcés, il a passé 30 ans à enchainer les relations sans lendemain avec des femmes beaucoup plus jeunes, et toujours indisponibles. Il a acquis une belle situation, ma mère le méprisait et a tenté ma vie durant de le discréditer. J'ai découvert à la mort de ma mère que mon père l'aimait encore. 40 ans de souffrance inutile.

Ces relations à sens uniques sont souvent inscrites dans nos gènes.
Je ne peux quand même pas jeter la pierre totalement à ces femmes. Car au final, elles sèment leur propre malheur. Elles pensent un vide en s'attachant quelqu'un dont elles pensent intimement (sans l'admettre jamais) qu'il ne les mérite pas, et croient ainsi se préserver de toute souffrance future. Bien sûre elles forgent leur propre ennui. Cette souffrance leur est finalement toujours rendue plus tard (loi karmique ?) parce que cet ego qu'elles ont su nourrir sur le dos du couillon est fragile et ne résiste pas à la prochaine rencontre. Je remarque que ces femmes ont un profil commun : elles sont généralement belles, séduisantes, souffrent d'un ego abimé par manque d'amour parental ou trauma infantile. Elles ont généralement un passif sexuel déviant (comprendre un passé sexuel qu'elles n'assument pas et qui n'a fait qu'abimer davantage leur estime d'elles mêmes), et recherchent souvent des hommes soufrant eux également d'une faille narcissique mais qui se matérialise différemment (le complexe du sauveur)

Lorsque je regarde autour de moi je ne fais que vérifier que bien des couples fonctionnent comme des systèmes de prédation parasitaire. Ça n'a pas toujours la forme d'un couple vampire/sauveur mais toujours, lorsque le parasite épuise son hôte, il perd sa pitance.

On dit souvent qu'un couple, c'est une personne qui souffre et une autre qui s'emmerde. Mais celui qui s'emmerde souffre également. Ces dysfonctionnements je les voit partout , chez tous les couples que je rencontre. Mais là ou je vois qu'il existe un déterminisme généalogique (non pas un fait général), c'est que dans mon entourage proche c'est TOUJOURS les femmes qui vampirisent. Je constate pourtant sur ce forum qu'on y trouve beaucoup de femmes dont on a cambriolé l'âme. Mais absolument jamais ces deux là ne se rencontrent.

Tu me parles d'une troisième voie. C'est un peu la licorne que chacun pense avoir dégotté les premiers mois/années. Mais au final, les stats montrent que ceux qui imaginent encore pouvoir construire se confrontent au modèle culturel dominant. L'heure n'est plus au couple, et ma définition de l'amour ne "colle" plus.



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Re: Le meilleur moment pour apprendre

Message par Sans Prétention » ven. 9 août 2019 18:32

Ce que j'enrage de ne pouvoir te répondre plus...
Je prends l'avion. Actuellement en salle d'embarquement.

Mais merci de ton intervention.

:jap:


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Message par Saturnales001 » ven. 9 août 2019 21:40

Prends ton temps



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Pasodobla
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Message par Pasodobla » dim. 11 août 2019 11:45

Bienvenue, enfin, je me doute que tu aurais préféré être accueilli ailleurs, mais nous avons le mérite d'avoir au moins tous un point commun ici.

J'ai appris que j'avais été trompée il n'y a pas longtemps.
Je le trouve faible.

Je nous trouve courageux.
Tu as d'autant plus de courage que tu as toujours pris tes responsabilités.

Pour ta maman, tu as été un soutien inconditionnel. Jusqu'au bout. Et pour ELLE, également, malgré un bonheur plutôt recherché mais rarement trouvé à ses côtés.

Première chose extrêmement importante, ta vie n'est absolument pas détruite !! Tu n'as que 37 ans ! Prends le temps de reconstruire bien sûr, mais il y a une vie, la vraie, avec quelqu'un de bien et d'honnête, ailleurs. C'est tellement évident que tu vas rendre heureuse quelqu'un. Tu as fait un mauvais choix un jour, oui, mais tu étais dans une période complexe.
Et vu qu'il y avait engagement et confusion mélangés, tu as été au bout du bout.
Elle ne sait pas ce qu'elle a perdu.
Toi, tu vas bientôt savoir ce que tu as gagné.

Évidemment pour l'instant tu as l'impression que ce ne sont que des mots pour te rassurer, mais reviens lire nos réponses dans quelques mois, tu verras 😉

Deuxième chose : tu souffres oui. Normal puisque la déception est a la hauteur de l'engagement que tu avais mis dans cette relation.
Finalement tu dis que tu étais heureux. Je te souhaite de l'être vraiment.

Quant au renoncement à l'amour idéal, je te ressemble. Hors de question de me contenter d'un pseudo amour et de ne pas rechercher ce qui me correspond.
Cocue oui, mais pas désespérée au point de croire que ma vision de l'amour absolue est obsolète 😊

On va s'en sortir, et je l'espère, avec bonheur et l'amour à la clé... Dans quelques temps...

Courage et soit sûr de ta valeur, elle transparaît dans tes écrits



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Saturnales001
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Re: Le meilleur moment pour apprendre

Message par Saturnales001 » lun. 12 août 2019 12:26

Merci pour les commentaire compagnons encornés.
Tu n'as que 37 ans ! Prends le temps de reconstruire bien sûr, mais il y a une vie, la vraie, avec quelqu'un de bien et d'honnête, ailleurs. C'est tellement évident que tu vas rendre heureuse quelqu'un.
Je vais faire un calcul acerbe et froid: Des filles bien et honnêtes j'en ai rencontré quelques unes (très peu). Elles sont heureuses et en couples après 25,26 ans avec un gros chanceux. (lui même souvent un cocufieur expert) J'ai légion de copines en revanche qui trompent, ont trompé, ou songent à tromper un jour comme s'il s’agissait de la fin naturelle et prévisible de tout couple. Je ne sais plus qui me disait "c'est comme les singes, pour passer d’arbre en arbre, on lâche jamais une liane avant d'avoir agrippé la prochaine".

C’est ça, finalement, le modèle social du couple. Les deux dernières générations ont vécu dans des familles monoparentales (mère ou père seul et résigné), recomposées (coucheries des parents pendant l'enfance ou l'adolescence, sentiment d'abandon des enfants), ou pire : dans des familles ou la séparation n'a jamais été actée mais ou le couple était un chantre de frustration et de ressentiments. Le modèle de merde, c'est la loi générale.

La presse et les donneurs de conseil matrimoniaux voudraient nous assagir en focalisant sur la synchronicité des désirs et l'entretient de la passion. Pourtant la grande majorité des personnes souhaitent se mettre en couple, et le modélisent intérieurement comme le faisaient nos ancêtres. Et pour cause ! Le sentiment amoureux reste très largement un sentiment de nature exclusive. ("un seul être vous manque et tout est dépeuplé") Dire que la monogamie est une pure construction sociale aux enjeux strictement économiques, c'est oublier de dire qu'elle était une solution pour limiter la casse quand nos sentiments, eux, n'ont jamais cessé de fantasmer l'amour exclusif, au moins le temps de la passion. Nous en sommes tous là. La passion dure un certain temps et entretenir la flamme de la rencontre est vain. A côté nous n’avons plus les exemples de couples réussis ou le pathos amoureux se transforme en tendresse, en véritable relation, au prix sans doute du sacrifice d'une petite part de sa liberté individuelle. Le mot fait peur aujourd'hui : "sacrifice" mais on oublie que ce qui constitue un lien d'attachement ne vient ni des hormones ni de l'"autre" ou même pour être extrême de la vie qu'on mène avec lui, mais bien des engagements, des petits dons que l'on fait soi même quotidiennement. Je suis dans la cambrousse balinaise dernièrement. J'y ai rencontré un couple de fermiers pauvres, ayant juste de quoi vivre, qui plaidaient après 20 piges de mariages qu'ils n'avaient rien, mais que ça leur laissaient au moins le temps de faire l'amour 2 fois par jour! :)
Normal puisque la déception est a la hauteur de l'engagement que tu avais mis dans cette relation.
C'est bien ça. L'autre n'est jamais responsable de l'amour que l'on a pour lui. C'est difficile d'avoir conscience de cela quand on a enchaîné les plans culs depuis la petite adolescence comme pour lessiver une nature mal-fichue, dégommant chaque fois un peu plus sa capacité à aimer. Pourtant ça fonctionne : plus on donne, plus on s'attache, et moins on s'ennuie. Je vais pas m'étendre sur le sujet, revenons au calcul froid.

J'ai 37 piges, pas d'enfant, un terrain vierge et un gros désir de construire. Je me vois mal en couple avec une femme ayant déjà des enfants. J'ai passé une vie a vouloir réparer je ne veux pas reproduire les mêmes conneries. Je me vois mal élever le gosse de quelqu'un d'autre ou pire, être à jamais la pièce rapportée qui elle, n'apporte rien. Il faudrait donc que je trouve une perle disposant de la même envie, dont le rêve n'ait pas été totalement bousillée par un ex toxique, ou qui ne se soit pas totalement bousillée elle-même à se faire passer tout envie d'union à grands coups d'histoires sans lendemain. Autant dire : Trouver une femme plus jeune, suffisamment stable pour construire et prête à construire avec un type qui a raté le coche. C'est pas un peu une licorne ça aujourd'hui ?
Elle ne sait pas ce qu'elle a perdu.
Toi, tu vas bientôt savoir ce que tu as gagné.


Ça c'est une idée rassurante que l'on se sert à loisir, nous autres cocus, mais qui ignore la mécanique de l'infidélité.
On trompe pas comme on tombe d'un tabouret. A moins d'être bourré, exhibitionniste et myope, entre la rencontre et le passage à l'acte il y a toute une phase de séduction qui opère. Dans la plupart des cas le trompeur ne "souhaite" pas tromper avant de rencontrer quelqu'un qui éveille chez lui un désir.

Selon la personne, le désir peut être purement physique ou d'ordre romantique, et comme tout désir , il appelle a un comportement de disponibilité.
Dans la majorité des cas le futur trompeur éprouve de la culpabilité et de la confusion. C'est précisément à ce moment que tout merde. Les gens ont HORREUR de culpabiliser. Il y a ces questions qui viennent (comment puis-je éprouver pour lui/elle ce que je n'éprouve plus pour l'autre, suis-je une mauvaise personne, ..) Le couple était satisfaisant, il ne le devient soudain plus du tout. Et à moins de sortir d'une psychanalyse de 10 ans, d'être chrétien (lire Kirkegaard pour comprendre) ou d'avoir eu à composer dans son passé à l'impératif de se connaître et d'accepter ses failles, le premier reflex c'est souvent de coller l'air de rien la faute à l'autre, au couple. Mais c'est généralement pas encore là qu'on passe à l'acte.

Ensuite vient l'étape de la comparaison. On saute pas immédiatement dans les bras du nouveau/nouvelle venu mais on cherche pas non plus à s'en éloigner, mais on compare. La guerre est biaisée. Le légitime peut pas gagner la comparaison, jamais. C'est pourquoi si tout ne s’arrête pas à l'étape d'avant tout fini nécessairement par des larme. On voudrait comparer quelqu'un qu'on connait, qui lave nos chaussettes, à une personne dont on ne connait rien et qui , par notre disponibilité, montre le meilleur de lui-même. Il/elle est nouveau, Il/elle cherche à nous connaitre et flatte notre narcissisme quand le couple l'a mis en veilleuse. Si le légitime est de bonne nature, il sera considéré comme faible,dépendant, peu grisant. S'il est dominateur il deviendra toxique, tyrannique. On ne compare pas un homme/une femme à un autre homme/femme mais on compare un homme/femme à un COUPLE. Le partenaire, lui, a déjà disparu en tant que personne. Mais surtout, on a très envie de faire taire cette culpabilité, ce doute , et le moyen le plus rapide de ne pas souffrir c'est pas de renforcer couple, c'est d'accepter le nouveau comme signal que le couple n'est déjà plus. C'est à cette étape que le cocu verra sa compagne/son compagnon plus prompt à faire l'amour, à discuter c'est l’accalmie avant la tempête.Il faut comprendre que comparer le mari et l’amant, c'est un match déséquilibré : c'est du deux contre un . Le légitime contre l'union
de l’infidèle et de l'amant. On ne fait que s'armer en fait pour passer à la troisième étape.

Cette étape c'est la déconstruction. On cherche intérieurement à se blinder, à détruire l'image que l'on a du légitime, à ne pas souffrir de la rupture/tromperie qui suivra. On souhaite interpréter tout événement comme un signal. On génère inconsciemment tout ce qui pourrait justifier la rupture. Si l'on pouvait se plaindre d'un manque de communication, on entrera alors dans le mutisme. Si l'on se plaint de la discorde, on la provoquera davantage...

Lorsque la tromperie à lieu. Le légitime a été détruit depuis bien longtemps. C'est pourquoi il est très rare que quelqu'un qui trompe culpabilise ensuite. car il a trompé précisément pour ne plus ressentir de culpabilité. Si l'amant s'avère bancal, on ne regrettera pourtant jamais l'ancien. On philosophe, en se disant que l'infidélité était nécessaire (remettre le couple sur rails - mais il arrivera la même chose dans l'avenir), qu'elle était le signe du démantèlement du couple (en fait elle n'a jamais été un signe mais une raison autosuffisante, c'est la ou les magazines psy font foncièrement erreur) C'est une supercherie à laquelle les infidèles participent volontiers.

Après vient parfois l'étape de la reconstruction parfois. Question d'intendance, le trompeur regrette sa trahison pour des raisons bien différentes du regret du légitime (argent, enfants, mode de vie, regret de la belle famille ou peur de l'inconnu). Et le couple se maintient. C'est alors extraordinairement pervers car le trompé se doit de pardonner, de travailler sur lui, de remettre sa vie en cause et de faire taire son envie de vengeance. Mais il oublie souvent que le trompeur lui aussi, doit reconstruire. L'infidèle doit reconstruire SES sentiments, le lien qu'il éprouvait pour l'autre et qu'il a saccagé. On voit bien des infidèles qui maintiennent dans le secret le reproche au cocu de leur propre faute. Et le cocu comprend bien mal pourquoi il devrait supporter la trahison, et devoir en plus s'en justifier.

Donc non, jamais elle ne se rendra compte de ce qu'elle a perdu. Qu'elle se mette en couple durablement ou non avec son amant, elle trouvera toujours les ressorts intérieurs pour se donner le beau rôle. Trois semaine après m'avoir planté comme une merde quelques heures après la mort de ma mère, elle m'a dit "C'est dur aussi pour moi hein, il m'arrive même parfois d'en pleurer." J'avais, de mon côté, déjà perdu une dizaine de kilos (le régime le plus efficace au monde) et je n'avais pas réussi à fermer l’œil plus de 2 heures. Et quand 2 mois plus tard, elle vient comme une fleur remuer le couteau en me demandant "Envisagerais tu de te remettre en couple avec moi?", la aussi elle composait avec elle même pour trouver parmi mes réponses la raison d'enterrer ce qui lui restait d'amour pour moi.

L’égoïsme est, de toutes les tares, la plus à même d'amener toutes les autres. Et L’égoïsme est devenu une vertu de notre civilisation.



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sophit444
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Re: Le meilleur moment pour apprendre

Message par sophit444 » lun. 12 août 2019 15:27

Bonjour Saturnales,

Un sacré bail que je n'ai pas remise les pieds ici, mais je me permets car ton histoire me touche énormément...

Tu trouveras ici enooooormement de bons conseils, une écoute sans failles,et qui sait ? Certaines amitiés très précieuses...je suis venue m'epancher ici pour la première fois en 2015 soit 33 pages !!!!! Oui, oui tu as bien entendu 33. Ils ont été très très très patients....

Pour toi, ça sera beaucoup moins... Je suis impressionné par la compréhension, la clairvoyance et la lucidité dont tu fait preuves.
Tu as déjà bien analysé pas mal de points : le passif familial, les constructions du couple, les individualités... Bref... Tu as cherché et tu as trouvé pas mal d'éléments de réponses (même si il en reste toujours).

Après ce qui transpire dans tes écrits c'est quelque-chose qui pour moi est très très très rare !

C'est ce sens du SACRIFICE que tu as, d'où te vient il ? Pour moi c'est à creuser. Nos amis d'infortunes ont soulevé ce point important et primordial qui est la reconquête de soi. Tu t'ai occupé admirablement de ta maman, de ta compagne... Mais qui s'occupe de toi ? À toi de prendre soin de toi, de te choyer un peu la, c est le moment.... Tu as souffert, tu souffres... Prends le temps du chagrin, panse tes plaies...

Tu voudrais déjà te mettre debout mais tu t ai cassé la jambe Saturnales, c'est putain de chiant cette notion de temps que tout le monde nous rabâche comme la formule magique, de psycho de comptoir mais... Voilà l'acceptation de ce temps nécessaire et le prendre...

Non à 37 ans, ta vie sentimental n est pas morte, loin de là. Tu montres bien des qualités que beaucoup de femmes recherche !!! J ai aimé l exemple du couple pauvre que tu as donné, c'est magnifique, à mon sens c est ça, c est ça l'amour, il transcende tout . Tu as des valeurs nobles, ne change pas.

Ne te fait pas trop d'idées sur la personne que tu vas rencontrer non plus... Tu peux très bien rencontrer une femme avec des enfants, elle n attendra pas de toi que tu sois le père de ses enfants, ils en ont un ! L important c est pas qu'elle soit comme ci ou ça.... C est seulement et seulement qu'elle partage les mêmes valeurs que toi, qu elle regarde dans la même direction.... Le reste tu pourrais bien avoir des surprises...je te souhaite pleins de courage ! Tu tiens le bon bou...



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Saturnales001
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Re: Le meilleur moment pour apprendre

Message par Saturnales001 » lun. 12 août 2019 17:23

Bonjour.

Analyser, c'est finalement la seule chose qui te reste quand tu passes des nuits blanches ;)
Tu as cherché et tu as trouvé pas mal d'éléments de réponses (même si il en reste toujours).
Lesquels ? Un peu comme ces jeux ou tu dois relier des points les uns aux autres avant de voir apparaître une image, il m'a fallu relier les événements entre eux pour comprendre dans un premier temps que je n'avais vraiment aimé d'elle si ce n'est les premiers mois (c'était plus du désir, de l'admiration, et une forme de dépendance) Ensuite j'ai pu voir que j'avais été cocu. Et enfin seulement j'ai compris que j'avais été cocu parce qu'elle était tombée amoureuse. Il n'y a jamais eu d'explications honnête. Je n'ai eu pour seuls indices que les événements, et fort heureusement les nombreux lapsus. Le discours formel, lui, était un tissus de mensonges agrémenté de quelques événements authentiques .J'ai toujours été balaise aux jeux de piste.

La trahison est un truc qui se savoure. Quand tu crois que tu peux gérer un aspect tu finis par en découvrir un autre. Si tu as des pistes de lectures je suis preneur.
C'est ce sens du SACRIFICE que tu as, d'où te vient il ? Pour moi c'est à creuser.
J'ai pas à creuser loin. j'ai été élevé comme un chrétien (mère catho, convertie en cours de route). Je me suis fait baptisé orthodoxe à peine plus tard, vers 14 ans. Et j'ai passé la décennie qui a suivi à étudier et à déconstruire. Mais le noyau culturel a de bons restes. L'esprit de sacrifice chez un homme, je l'ai toujours perçu comme la seule chose qui nous séparait du chien. Il ne me reste pas grand chose de foi, mais je connais suffisamment mes classiques pour comprendre qu'on ne fait pas grand chose de bon sans que ça coûte.
J ai aimé l exemple du couple pauvre que tu as donné, c'est magnifique, à mon sens c est ça, c est ça l'amour, il transcende tout .
Oui, étrangement, eux n'avaient pas le moindre souci à maintenir le désir sur la durée. Le plus amusant, c'est qu'a deux pâtés de maison plus loin, en descendant rejoindre une cascade, j'ai surpris un couple de vieux en plein ébat (a l'air libre - comme ça - dans un cours d'eau d'irrigation) Grand moment de malaise ^^ . Mais je constate qu'avec notre liberté de mœurs, notre hypersexualisation, les gens d'ici sont de plus en plus handicapés. On aurait quelques leçons à leur prendre sur la nature du désir.
Ne te fait pas trop d'idées sur la personne que tu vas rencontrer non plus...
Je ne fais pas d'idée. Dans l'état actuel et jusqu’à nouvel ordre, je suis a peu près autant attiré par les femmes qu'un chat par l'eau du bain.
Après il y a la dynamique du désir aussi. J'ai bien conscience que je suis toujours sorti avec des femmes considérées comme très séduisantes (plus que moi sans doute). Ça ne m'a pas franchement servi. Mais j'ai bien conscience aussi de ne pas être le type le plus facile. Pour les enfants aussi c'est compliqué. Non pas tellement parce que je devrais élever le gosse de quelqu'un d'autre, mais parce qu'il serait trop tentant de le souhaiter. Je suppose qu'on maintient l'équilibre quand on apporte sa vie, ses propres enfants. mais moi je suis "vierge". Je rêve d'être patriarche depuis tout gosse.
Mais qui s'occupe de toi ? À toi de prendre soin de toi, de te choyer un peu la, c est le moment....
Je sais pas faire. J'ai le sentiment d'être un soldat apatride.



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Ananké
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Re: Le meilleur moment pour apprendre

Message par Ananké » mar. 13 août 2019 09:28

Saturnales001 a écrit :
lun. 12 août 2019 12:26

Selon la personne, le désir peut être purement physique ou d'ordre romantique, et comme tout désir , il appelle a un comportement de disponibilité.
Dans la majorité des cas le futur trompeur éprouve de la culpabilité et de la confusion. C'est précisément à ce moment que tout merde. Les gens ont HORREUR de culpabiliser. Il y a ces questions qui viennent (comment puis-je éprouver pour lui/elle ce que je n'éprouve plus pour l'autre, suis-je une mauvaise personne, ..) Le couple était satisfaisant, il ne le devient soudain plus du tout. Et à moins de sortir d'une psychanalyse de 10 ans, d'être chrétien (lire Kirkegaard pour comprendre) ou d'avoir eu à composer dans son passé à l'impératif de se connaître et d'accepter ses failles, le premier reflex c'est souvent de coller l'air de rien la faute à l'autre, au couple. Mais c'est généralement pas encore là qu'on passe à l'acte.

Ensuite vient l'étape de la comparaison. On saute pas immédiatement dans les bras du nouveau/nouvelle venu mais on cherche pas non plus à s'en éloigner, mais on compare. La guerre est biaisée. Le légitime peut pas gagner la comparaison, jamais. C'est pourquoi si tout ne s’arrête pas à l'étape d'avant tout fini nécessairement par des larme. On voudrait comparer quelqu'un qu'on connait, qui lave nos chaussettes, à une personne dont on ne connait rien et qui , par notre disponibilité, montre le meilleur de lui-même. Il/elle est nouveau, Il/elle cherche à nous connaitre et flatte notre narcissisme quand le couple l'a mis en veilleuse. Si le légitime est de bonne nature, il sera considéré comme faible,dépendant, peu grisant. S'il est dominateur il deviendra toxique, tyrannique. On ne compare pas un homme/une femme à un autre homme/femme mais on compare un homme/femme à un COUPLE. Le partenaire, lui, a déjà disparu en tant que personne. Mais surtout, on a très envie de faire taire cette culpabilité, ce doute , et le moyen le plus rapide de ne pas souffrir c'est pas de renforcer couple, c'est d'accepter le nouveau comme signal que le couple n'est déjà plus. C'est à cette étape que le cocu verra sa compagne/son compagnon plus prompt à faire l'amour, à discuter c'est l’accalmie avant la tempête.Il faut comprendre que comparer le mari et l’amant, c'est un match déséquilibré : c'est du deux contre un . Le légitime contre l'union
de l’infidèle et de l'amant. On ne fait que s'armer en fait pour passer à la troisième étape.

Cette étape c'est la déconstruction. On cherche intérieurement à se blinder, à détruire l'image que l'on a du légitime, à ne pas souffrir de la rupture/tromperie qui suivra. On souhaite interpréter tout événement comme un signal. On génère inconsciemment tout ce qui pourrait justifier la rupture. Si l'on pouvait se plaindre d'un manque de communication, on entrera alors dans le mutisme. Si l'on se plaint de la discorde, on la provoquera davantage...

Lorsque la tromperie à lieu. Le légitime a été détruit depuis bien longtemps. C'est pourquoi il est très rare que quelqu'un qui trompe culpabilise ensuite. car il a trompé précisément pour ne plus ressentir de culpabilité. Si l'amant s'avère bancal, on ne regrettera pourtant jamais l'ancien. On philosophe, en se disant que l'infidélité était nécessaire (remettre le couple sur rails - mais il arrivera la même chose dans l'avenir), qu'elle était le signe du démantèlement du couple (en fait elle n'a jamais été un signe mais une raison autosuffisante, c'est la ou les magazines psy font foncièrement erreur) C'est une supercherie à laquelle les infidèles participent volontiers.
C'est ce que j'avais expliqué à mon mari quand il m'a dit que je n'étais pas romantique et que je ne pouvais pas le comprendre !
C'est juste un plan de destruction qui en plus se déroule sur du long terme.
C'était à un moment difficile de ma vie, alors oui, on peut dire que je n'étais pas au mieux de ma forme, et non, le couple ne vivait pas ses meilleurs jours. Mais plutôt que de se dire qu'il allait venir en aide à ce fameux couple, il s'est dit "tiens.. et si je lui mettais un grand coup de pelle" !
Enfin ça, c'est mon ressenti. :)

Après tout ça, il me reste une question à laquelle je n'arrive pas à répondre : qu'est-ce qui chez moi à bien pu déclencher chez lui une telle envie de destruction ? Qu'est-ce qui lui a permis de penser qu'il en avait le droit?

Maintenant il te reste à te retrouver et à te rassembler. C'est pas simple non plus, comme tu peux le voir avec la phrase du dessus ! :wink:


Le plus difficile c'est de décider d'agir, le reste ne tient qu'à la persévérance.

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Re: Le meilleur moment pour apprendre

Message par Saturnales001 » mar. 13 août 2019 11:12

Ton ressenti est probablement juste, Ananké. Il n'y a jamais de tromperie sans objectalisation du trompé. Pardonne la métaphore, mais tu veux pas connaitre le petit nom du lapin que tu vas manger en civet. Tout ceci ne marche bien sûr que si structurellement, le couple en était vraiment un, que le trompeur a déjà au moins aimé son cocu dans le passé. Si le couple est structurellement pervers (relation SM, relation à sens unique, relation entre personnes mariées), nulle besoin d'objectalisation car l'autre est déjà objet. Mais peut on parler d'infidélité ?

Cette objectalisation peut être rendue plus aisée ou difficile selon l'état d'esprit du trompé. Il est toujours plus facile de tromper quelqu'un de présent, fidèle, engagé et un certainement trop tolérant qu'une personne distanciée qui désire, exige, existe pour elle-même. Si le trompeur désire un autre, mais que le légitime se montre fuyant (comprendre pas "acquis", prompt au départ), la peur de perdre devient souvent plus forte que la capacité d'objectaliser. Il s'en suit deux constats :
  • C'est toujours les "gentils" qui se font trahir amoureusement. C'est bête mais c'est vrai.
  • La tromperie a souvent lieu lors d'événements externes traumatiques pour le trompé (il est en situation de fragilité: décès, doutes existentiels, perte de repères). On te reprochera alors ce pour quoi même tu pensais pouvoir exiger du soutient.
qu'est-ce qui chez moi à bien pu déclencher chez lui une telle envie de destruction ?
Tu as là ta réponse sur ce qui chez toi a pu provoquer une telle envie de destruction. Il a pas eu envie de te détruire, il en a eu besoin pour commettre l'infidélité. La motivation fondamentale de l'infidélité, elle, était triviale : l'ennui. Bien sût il y avait aussi les raisons de surface : la pulsion sexuelle, la peur de vieillir... Ces raisons là sont superficielles car toi même tu les connais intimement et tu n'as pas trompé pour autant. En vérité chez toi, l'ennui était moins fort que la peur de perdre. Chez lui, tu étais acquise, donc l'ennui a été plus fort. Il faut aussi comprendre que l'ennui, c'est le sentiment d'être face à soi et soi seul. C'est pour le moins désagréable pour la plupart des gens. "Connais toi toi même" disait l'autre ;)
Qu'est-ce qui lui a permis de penser qu'il en avait le droit?
Cette question est très intéressante. Tu fais appel à la notion de droit amoureux. or il n'y a nul droit ou justice qui ne soit appuyée par un code partagé. C'est bien le problème : il n'existe aujourd'hui plus de code amoureux. Tout a volé en éclat. L'infidélité est même devenu la norme et on nous facilite la tâche. Et quand bien même - et c'est déjà rare - tu aurais clairement constitué une sorte de code avec ton mari (a partir de quand trompe-t-on ? jusqu'à quel point dois-je m'engager à te soutenir?), le dicton dit "on peut pas être juge et parti". C'est pourtant ça aujourd'hui un couple. Chacun apporte son propre code, et le négocie avec l'autre au moment du mariage. Bien souvent ce code que l'on apporte n'est même pas vocalisé : c'est un pot pourri issu de ton éducation, de ton enfance, et de tes expériences passées.
Pire : il n'y a pas d'arbitre donc pas d'arbitrage. Il s'en suit que les codes sont à géométrie variable.

Une copine calée en anthropologie m'a dernièrement cité un auteur (me rappelle plus du nom) qui disait en somme "il n'existe pas de couple sans triangularité". C'est assez brillant parce que le couple et l'organisation nuptiale ont pu beaucoup changer avec les siècles. Mais jamais ça n'a été la somme de deux individus. Il y a toujours eu un tiers parti : Le clan, la cité, la famille du père, la famille de la mère dans les organisations matriarcales, l'église, ou même Dieu lorsque la foi était fondatrice. le code était ainsi respecté. Toutes les hyper-structures ont aujourd'hui disparu.
Les individus sont livrés à eux mêmes et aux contradictions de leurs désirs.

De mon côté à ces question, j' ai trouvé des réponses. C'est davantage le "que faire" qui me pose problème. On peut pas foutre en l'air un passif culturel, un code personnel aussi simplement. Parce que c'est pas juste des règles de vie mais aussi le déterminant qui fait que tu vas être heureux ou malheureux dans une situation donnée. Il faut s'arracher à soi-même. C'est difficile. Depuis le trauma, j'ai cherché à rencontrer des hommes très différents qui parvenaient à trouver leur bonheur la ou je ne l'imaginais pas (un polygame, un célibataire qui enchaine les putes depuis 15 ans et s'entoure d'amis, un moine, un soumis) mais je suis incapable de me projeter dans l'une de ces vies. Le couple je crois aujourd'hui que c'est mort de chez mort. Alors quoi ? Si je ne trouve pas de solution je risque de finir comme la plupart : frustré, vivant dans le regret et l'ignorance. Je risque peut être même recommencer les mêmes conneries en tombant amoureux.



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Ananké
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Re: Le meilleur moment pour apprendre

Message par Ananké » mar. 13 août 2019 12:10

Droit amoureux, peut-être... mais avant tout mon droit au respect !
L'accord de base portait essentiellement la-dessus, le respect mutuel. On peut très bien se dire que le couple que l'on forme ne tient plus et se séparer "proprement". Je ne me suis jamais dit que dans le cas de la formation d'un couple, l'autre était forcément acquis... ce serait ça ma représentation de l'ennui. Je ne dis pas non plus que je ferais n'importe quoi pour le sauver et éviter la séparation, je suis tout à fait prête à le laisser partir.
C'est pour toutes ces raisons que je ne comprend pas le "tacle".

Donc j'en suis aussi à la question du "qu'est-ce que je fais avec ça ?"
Pour l'instant, je l'ai remisé dans une de mes boites à misères, et le ressors de temps à autres sans que ça m'aide en quoique ce soit, bien au contraire.

Et en quoi tomber amoureux serait une connerie si l'autre option est d'être frustré, vivant dans le regret et l'ignorance ?


Le plus difficile c'est de décider d'agir, le reste ne tient qu'à la persévérance.

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Re: Le meilleur moment pour apprendre

Message par Saturnales001 » mar. 13 août 2019 12:54

Oui. C'est ainsi que toi (ou comme moi), tu définis ton paradigme amoureux. Mais s'il y a eu tromperie, c'est que la définition de ton mari était différente. Toi tu ne l'as pas considéré comme acquis, mais lui si. C'est l'origine de l'ennui bien souvent. Quand on quitte avec respect, cela signifie qu'on quitte en aimant encore. Dans bien des cas, le trompeur saccage tout pour se donner du courage.

Non. Tomber amoureux mène à la déception, et ne pas parvenir a rompre ses illusions amoureuses totalement mène à la frustration, le renoncement et l'ignorance. C'est le dilemne. Je vis à Paris. Avec Plus de la moitié des mariages qui se soldent en divorce en moins de 3 ans. Un tiers des femmes qui avouent être ou avoir été infidèle. Et bien plus du double selon les sondages des sites de rencontre. Je constate aussi qu'autour de moi, je ne vois que misère du couple et renoncement. Je me suis dit dernièrement "as tu connu dans ta vie au moins un exemple de couple qui a duré, sans tromperie, avec affection et sans regret ?" J'en connais pas un seul. Ni dans ma famille. Ni dans la famille de mes ex. Ni dans la famille de mes amis. Ni dans la famille de mes Collègues. Aucun, nada. Même ceux que je croyais au delà de tout soupçons poussent dans la confidence leurs égarements ou ceux de leur femme si on les encourage un peu.

Fort heureusement je voyage pas mal, et j'en connais ailleurs qui marchent, mais dans des conditions bien précises que nous n'avons plus.
C'est pour ca que tomber amoureux...je fini par penser que c'est a pire des crasses qu'il puisse m'arriver.

Le choix c'est ici davantage : apprendre à être heureux sans couple, ou se vautrer à nouveau dans un fantasme. J'envisage de partir voyager seul, pour moi. Un bon mois à l'autre bout du monde et sans impératif de travail.



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